Recherche
Téléchargez le guide CFTC-Manpower de l'interimaire Téléchargez le guide CFTC-Manpower de l'intérimaire, édition 2017.
Vous pouvez aussi nous contacter afin de le recevoir gratuitement par courrier.
Accueil > Actualités - Groupe Manpower > Négociation annuelle des salaires 2017 chez Manpower : la direction poursuit (...)

CCE - Section nationale CFTC
salaire / 13e mois
santé économique de l’entreprise

Négociation annuelle des salaires 2017 chez Manpower : la direction poursuit une politique de dérèglement économique et social

vendredi 17 mars 2017

Une politique de rémunération 2016 particulièrement injuste envers les salariés permanents Manpower, malgré d’excellents résultats

Tandis que le résultat net de l’entreprise continue à progresser et passe de près de 160.000.000 € à 200.000.000 € entre 2015 et 2016, l’employeur s’est montré particulièrement régressif et inéquitable dans la rémunération des salariés, en la diminuant dans les faits pour près d’un tiers des salariés permanents Manpower. Les résultats de l’entreprise ont en effet explosé en 2016, fruit du travail de tous les salariés. Et pourtant :
- si 2/3 des salariés ont bénéficié de +1,2% d’augmentations individuelles / +0,4% pour les promotions (soit à peu près +2.300.000 €), 1/3 des salariés permanents n’ont bénéficié d’aucune augmentation ;
- a contrario, une baisse de rémunération variable a quant à elle concerné la majorité des salariés permanents (-850.000 € de rémunération variable sur la même période).

Mais être injuste avec ses salariés n’a pas suffit à l’employeur Manpower : il s’est également montré totalement irresponsable d’un point de vue de l’intérêt général, avec les aides qu’il a perçues de la communauté nationale :

Manpower France a touché sur 2014 et 2015 la somme pharaonique de plus de 250.000.000 € d’argent public par le CICE (Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi), soit près de 400.000.000 € en comptant 2016. Cette somme va d’ailleurs encore augmenter cette année, puisque le taux dont va bénéficier Manpower va s’accroitre de 6% pour les années précédentes, à 7% pour 2017. Ces montants phénoménaux sont concédés par l’État, qui en ces périodes de disette budgétaire les récupère sur les impôts des particuliers que nous sommes tous.
L’importance et le contexte de cet effort rendent d’autant plus inexcusable que l’entreprise Manpower détourne en très grande partie cette somme, en l’exfiltrant aux États-Unis par des détours comptables [1], sans aucun égard pour l’emploi et l’économie français et sans lancer aucun effort particulier d’investissement [2]

La CFTC argumente pour 2017, mais face à une direction Manpower qui poursuit délibérément la ligne d’irresponsabilité économique et sociale qu’elle se fixe

Parmi une quinzaine de demandes, le syndicat CFTC en a formulé deux qui auraient un impact significatif en terme de rémunération, tout en restant raisonnables :
- une prime « 60 ans et CICE » de 600 € jusqu’à 3 ans d’ancienneté + 100 € par année d’ancienneté (exemple pour 8 ans d’ancienneté : 600€+5X100€ = 1100 €)
- +1,5% d’augmentation générale des salaires pour un montant total de 2.300.000 € (et autant pour les augmentations individuelles que souhaite maintenir l’employeur), avec un minimum de 50€ pour les rémunérations brutes inférieures à 2000€.

Ces deux mesures demandées par la CFTC et qui sont d’un coût à peu près équivalent (l’une pérenne, l’autre ponctuelle) ne représentent pourtant à elles deux pas plus de 2 à 3% du résultat net de l’entreprise, qui lui est de près de 200.000.000 € en 2016.

Et bien non ! Incapables d’accéder à toute notion de partage et de reconnaissance de la contribution des salariés de l’entreprise à ses résultats, nos dirigeants d’entreprise vont toucher de gros bonus individuels, tout en décidant de punir à nouveau près d’1/3 des salariés en dépit de leurs excellents résultats, du fait de la volonté dogmatique des dirigeants Manpower de refuser toute augmentation générale et toute prime exceptionnelle.

La politique salariale Manpower France, rejettée par tous les syndicats de l’entreprise, va en effet lamentablement consister cette année en :
- 1,6% augmentation individuelle + 0,4% pour les promos ;
- reconduction des CESU à l’identique (300€) ;
- prise en charge des frais de parking.
Note : nous ne mentionnons même pas l’« avantage » de pouvoir recourir au RRH en cas de désaccord entre le salarié et son manageur, que l’employeur se sent généreux d’octroyer unilatéralement et de stipuler dans son procès-verbal de négociation (??!!).
Et ce n’est pas non plus la tasse estampillée « 60 ans Manpower » envoyée à tous les salariés permanents de l’entreprise, qui peut changer le fond du problème de la considération portée aux personnels...

Le caractère à nouveau profondément régressif de la politique salariale Manpower se révèle également en comparaison de celles des autres grands acteurs du travail temporaire. Chez Adecco par exemple, cette année, tous les salariés vont a minima bénéficier de +390 € annuels d’augmentation générale ainsi que de la journée de solidarité offerte ; à cela vont s’ajouter +0,8% d’augmentations individuelles et +0,5% pour les promotions.

La CFTC continue à mettre à votre disposition une calculette pour vous permettre de suivre l’évolution de votre pouvoir d’achat

Pour rappel, car elle n’est pas toujours connue par tous les salariés : n’hésitez pas vous aussi à utiliser la calculette que la CFTC met à votre disposition pour suivre l’érosion inflationniste de votre pouvoir d’achat : http://cftc.manpower.free.fr/spip.p...


Voir aussi : notre article précédent sur la négociation annuelle des salaires en 2016 chez Manpower.

Notes

[1Cours de bourse Manpower : augmentation de 67,47 $ le 02/01/2014 à 97,84 $ le 27/02/2017, soit +45% en deux ans largement alimentés par le CICE français payé par nos impôts.

[2CICE Manpower : celui-ci n’est justifié en CCE que pour un peu plus de la moitié, qui plus est sur des lignes d’investissements qui n’en sont pas ! (budgets informatiques en baisse par rapport à la période d’avant CICE, imputation en « investissement » de baux en attente d’extinction sur des locaux d’agence fermées, etc.

Réagir à cet article