Démissions forcées, ruptures conventionnelles détournées : des salariés permanents Manpower France éreintés depuis plusieurs années

Les représentants CFTC Manpower déploient ces dernières années un important effort d’accompagnement individuel et collectif des salariés permanents Manpower France, spécifiquement destiné à les aider à faire face aux importantes conséquences sociales de la politique choisie et appliquée par les dirigeants de l’entreprise. Comme en témoignent nos articles, la CFTC Manpower porte ce récit du bilan social catastrophique voulu et organisé par Mme Françoise G. la précédente présidente de l’entreprise : voir ci-dessous quelques-un de nos articles évoquant par exemple ses mensonges relatifs aux effectifs et démentis par le journal « Le Monde » suite aux chiffres fournis par la CFTC, la chasse interne aux séniors, les entraves aux représentants du personnel, les études externes relatant l’état psychosocial préoccupant des salariés dans l’entreprise, etc.

L’administration relève les importants manquements de l’employeur Manpower dans ses obligations légales en matière de gestion des ressources humaines

Encouragé jusqu’à présent par une indéniable impunité administrative et judiciaire, l’employeur Manpower semble devoir enfin commencer à subir les conséquences de la violence de sa « politique sociale » : à nouveau saisie par le Comité Central d’Entreprise, l’autorité administrative a cette fois-ci déclenché un contrôle en février 2013. Elle a alors relevé par courrier du 06/03/2013 les importants manquements de Manpower France en matière de non respect de la législation, notamment en ce qui concerne l’accompagnement des salariés soumis aux opérations de restructuration.

Que ces manquements de l’employeur Manpower relèvent du cynisme ou bien de l’incompétence en ressources humaines, leur tableau administratif est explicite :
- absence de réponse circonstanciée aux avis défavorables rendus par les représentants du personnel,
- recours aux ruptures conventionnelles pour réduire les effectifs,
- non déclaration des mouvements de main d’œuvre mensuels (L1221-16, R1227-4, D1221-30 et D1221-31 du code du travail), pour un résultat en centaines de suppressions de postes annuels, et sur plusieurs années,
- rappel de l’obligation de mettre en œuvre les dispositions relatives à la sauvegarde de l’emploi (L1233-26 à 28 du code du travail),
- demande de régularisation en matière de Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE).

Ainsi peut-on espérer voir la fin d’une certaine arrogance et prétention de la part des responsables Manpower France ? Ceux-ci prétendaient pourtant à avoir soit-disant inventé « l’emploi responsable » ces dernières années, sur fond de tentatives répétées et insistantes de laminage de tous les collectifs et de leurs représentations.
Faut-il également rappeler que ces dernières années, Manpower France fut la seule grande entreprise de travail temporaire à avoir relargué ses salariés permanents par centaines sans aucun accompagnement à l’emploi ? Édifiant et pathétique.

À charge pour le nouveau Président M. Alain ROUMILHAC de solder le passif laissé par sa prédécesseuse et de certains Directeurs Généraux également responsables, qui sont encore en place.
Fraudes à la concurrence, fraudes fiscales, fraudes URSSAF reconnues par les tribunaux et les administrations et qui ont coûtées à l’entreprise des dizaines de millions d’euros ces dernières années. Dans le cas présent, c’est de fraude sociale vis à vis de ses salariés que doit répondre Manpower France : après avoir imposé compulsivement à l’entreprise des chocs multiples de réorganisation, c’est à un besoin de choc de gouvernance sur elle-même auquel doit faire face la direction. Mais celle-ci deviendra-t-elle enfin capable d’assumer ses responsabilités ?

La CFTC poursuit son accompagnement individuels des salariés, injustement licenciés pour de soi-disantes insuffisances professionnelles

Nombreux sont les salariés en procédure judiciaire, qui ont été ces dernières années brutalement injustement broyés sans ménagement au travers d’un détournement par l’employeur Manpower France de la législation sur le licenciement pour insuffisance professionnelle. Les représentants CFTC les accompagnent alors en réparation de préjudice. Outre l’externalité sociale créée sur les salariés directement victimes, ce cynisme organisé et mis en œuvre par les services de la DRH de l’entreprise pour éviter les responsabilités relatives aux licenciements économiques, est probablement un des facteurs pesant le plus lourd dans la détérioration psychosociale interne de l’entreprise.

Quoi qu’il en soit, l’indemnisation des préjudices subis par les salariés est une priorité pour les représentants CFTC Manpower : tant pour une question de reconstruction individuelle des salariés touchés, pour certains durablement détruits psychologiquement et socialement du fait de cette politique de leur ancien employeur Manpower France, que pour une question de responsabilisation économique et sociale de l’entreprise.


Voir aussi :
- notre article postérieur sur le lancement en 2013 de poursuites pénales à l’encontre de l’employeur Manpower par l’administration, pour non respect de la législation sur les restructurations d’entreprise ;
- notre article postérieur sur les redressements fiscaux de Manpower France concernant la redevance de marque, et le rôle de la CFTC Manpower en défense de la participation au bénéfices des salariés ;
- notre article antérieur sur la poursuite et l’accélération de la destruction massive d’emplois dans le cadre du processus de « Refondation » de Manpower France et les déclarations presse inexactes de la direction ;
- notre article antérieur sur la menace annoncée contre les salariés séniors de l’entreprise ;
- notre article antérieur sur les risques psycho-sociaux importants portés par le projet de restructuration ;
- notre article antérieur sur l’absence d’information données aux élus pour mener la consultation sur la restructuration ;
- notre article antérieur sur la problématique des mutations dans le réseau ;
- notre article antérieur sur la poursuite en justice de la direction par le CCE pour entrave, suite à la mise en œuvre sans consultation du projet de Refondation ;
- notre article antérieur relatant une précédente tentative de manipulation des salariés par la Direction de la communication.