470.000.000 €, c’est le montant de dividendes versé par Manpower France à l’actionnaire à l’occasion de l’assemblée générale extraordinaire du 27/01/2010.

Manpower France : une filiale française très rentable pour le groupe américain Manpower

Il est noter que même en rapport avec la dernière date de versement de dividende, cette somme ramenée sur 5 ans représente près de 110.000 € de profit annuel par agence Manpower France, non comptées les remontées de capitaux dans le groupe liées aux redevances, dont la controversée redevance de marque qui se chiffre aussi en dizaines de millions d’euros annuels.

Voir à ce sujet nos anciens articles toujours d’actualité :
- de mai 2006 sur les plus-values capitalistiques et de stocks-options en pleine réduction d’effectifs ;
- de décembre 2005 sur les relations financières entre l’entreprise et le groupe, dont la mise en place de la redevance de marque ;
- d’octobre 2005 déjà sur les conséquences de la restructuration juridique et financière de l’entreprise.

La direction Manpower entrave à nouveau le Comité Central d’Entreprise, en censurant sa relation avec l’actionnaire

La ponction de dividendes 2010 est particulièrement importante, à un moment où les salariés prennent de plein fouet la crise économique : les salariés intérimaires au travers du chômage, les salariés permanents au travers des importantes réductions d’effectifs et baisses de rémunération dues notamment à la chute de la rémunération variable, et enfin toutes les catégories de personnel à travers l’absence complète de versement de participation en 2010, du fait que le résultat d’exploitation de Manpower France est limité à près de 15.000.000 € pour l’ensemble de l’année 2009.

Voir à ce sujet notre article de juillet 2009 sur les conséquences économiques, financières et sociales de la crise économique.

Sur fond de ce versement de dividende, la direction a aussi outrepassé ses droits en censurant, sans le soumettre au vote, le projet de résolution alternatif que le Comité Central d’Entreprise (CCE) Manpower France avait décidé de soumettre à l’approbation de l’actionnaire, et qui visait à réserver moins de 5% (20.000.000 €) de cette somme pour verser une participation exceptionnelle à l’intention des salariés intérimaires et permanents de Manpower France.

Le dividende 2010 : une contribution de Manpower France au développement international du groupe ?

Le groupe Manpower Inc a annoncé le 02/02/2009 l’acquisition de la société Comsys IT Partners , qui est une société de ressources humaines spécialisée dans le secteur de l’informatique tout comme l’autre filiale Elan du groupe Manpower, pour une valeur de 431 millions de dollars. La somme d’acquisition est donc couverte en très grande partie par la remontée de dividendes décidée en France quelques jours plus tôt, alors que la part de la France dans le groupe mondial n’est que de près d’un tiers de l’activité et du résultat : les mécanismes à l’œuvre confirment donc que la filiale française continue à être la « vache à lait » du groupe Manpower.


Voir aussi :

- notre article postérieur sur l’exploitation-détournement du crédit d’impôt CICE en 2014 ;
- notre article postérieur sur les redressements fiscaux de Manpower France concernant la redevance de marque, et le rôle de la CFTC Manpower en défense de la participation au bénéfices des salariés ;
- notre article postérieur sur le droit des salariés à prime sur dividende, au titre de l’exercice Manpower 2010 ;
- notre article postérieur sur les surprofits financiers de l’entreprise sur la période 2005-2010 ;
- notre article antérieur de 2009 sur les déséquilibres socio-économiques dans l’entreprise Manpower France ;
- notre article antérieur sur le déséquilibre de partage de la valeur et le nouvel échec de la négociation salariale Manpower 2009 ;
- notre article antérieur analysant le très bon résultat de l’entreprise en 2008 ;
- notre article antérieur sur un exemple de précédent d’entrave au CCE ;
- notre article antérieur de 2007 sur une précédente opération financière de grande ampleur du groupe Manpower Inc ;
- notre article antérieur de mai 2006 sur les plus-values capitalistiques et de stocks-options en pleine réduction d’effectifs ;
- notre article antérieur de 2005 sur les relations financières entre l’entreprise et le groupe ;
- notre article antérieur de 2005 sur les conséquences de la restructuration juridique et financière de l’entreprise.