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Le travail sur écran

mercredi 24 août 2005


Sommaire

Quels sont les risques liés au travail sur écran ?

Troubles visuels

Problèmes cutanés

Troubles musculo-squelettiques (TMS)

Facteur de stress

Exposition aux rayonnements émis par les écrans

Cas particulier : les femmes enceintes

Identification et prévention des risques

Implantation et aménagement du poste de travail

Adapter l’éclairage

Choisir un mobilier adapté

Choisir un matériel informatique adapté

Affichage et filtres

Organisation du travail : les pauses

Cas particulier : poste debout

Quelle est la réglementation à appliquer ?

Interruptions périodiques du travail sur écran

Information et formation des salariés

Un suivi médical spécial

Les normes


Travailler intensivement devant un écran peut engendrer des troubles de la santé : fatigue visuelle, troubles musculosquelettiques, stress...

Cependant, il est possible de limiter ces troubles : une analyse de l’aménagement du poste de travail et des tâches qui incombent à l’opérateur peut permettre de mettre en oeuvre une stratégie de prévention efficace.
Celle-ci pourra passer par un changement dans l’implantation et l’aménagement du poste, le choix d’un matériel adéquat, des modifications dans l’organisation du travail... pour aboutir à la création d’un poste de travail adapté à l’utilisateur et à sa façon de travailler, et favorisant une posture confortable.

Quels sont les risques liés au travail sur écran ?

Les ordinateurs sont devenus un élément incontournable de notre environnement de travail.
Les utilisateurs interrogent régulièrement l’INRS à propos des effets sur la santé de leur utilisation intensive :
Le travail sur écran fait-il baisser la vue ? Les femmes enceintes doivent-elles éviter de travailler devant un écran ? Les filtres sont-ils utiles ? Les rayonnements émis par les écrans sont-ils dangereux ?

En dehors de quelques points litigieux, les études s’accordent à dire que le travail sur écran ne nuit pas à la santé de l’opérateur, mais qu’il peut engendrer des troubles si le poste de travail n’est pas adapté.

Troubles visuels

Le travail sur écran peut engendrer de la fatigue visuelle S’il ne semble pas exister de pathologie de la vision spécifique, travailler devant un écran pendant plusieurs heures d’affilée peut entraîner une fatigue visuelle : lourdeur des globes oculaires, rougeurs, picotements, éblouissements, myopie temporaire, maux de tête. La fatigue visuelle sera d’autant plus marquée que le poste est peu ergonomique (reflets sur l’écran, éclairement inapproprié, écran mal placé, mauvaise qualité de l’image...).

La préexistence d’un défaut visuel non corrigé augmentera aussi la fréquence des symptômes oculaires.

Quoi qu’il en soit, tous ces symptômes disparaissent avec du repos.

Les écrans émettant entre autres des ultraviolets, des chercheurs se sont penchés sur le taux de cette émission et sur le risque de cataracte qui en découle. Il s’avère que ce rayonnement est très faible : un mois de travail à plein temps devant un écran équivaut à une minute au soleil. Il faudrait donc demeurer 650 ans devant un écran pour développer une cataracte.

Dernier sujet d’inquiétude, le syndrome de l’œil sec, caractérisé par un manque de larmes provoquant des sensations de brûlures ou d’irritation. Observé chez des opérateurs utilisant un ordinateur, il peut être lié à plusieurs facteurs sur lesquels on peut agir : la climatisation, qui assèche l’air ambiant, la présence de polluants dans l’air (poussière de papier, fumée de cigarette...), l’émission d’ozone par une imprimante laser, la rareté du clignement des paupières.

Problèmes cutanés

Des enquêtes épidémiologiques ont montré que la fréquence des affections dermatologiques (érythème facial, démangeaisons, sensation de brûlure...) est plus élevée chez des opérateurs travaillant sur écran que chez les autres.
Ce phénomène avait été attribué aux champs magnétiques, électriques et électrostatiques émis par les écrans mais il s’avère que ces champs sont très faibles et que leur suppression n’élimine pas les symptômes.

Certaines études se tournent vers les émissions chimiques des écrans (vapeur de phosphate de triphényle) et estiment que celles-ci pourraient engendrer des allergies se manifestant par des irritations, une congestion nasale ou des maux de tête.

Une hypothèse encore à démontrer. L’apparition d’affections cutanées serait plutôt due à un air trop sec (humidité inférieure à 40%), à la présence dans l’air de particules irritantes ou au stress.

Troubles musculo-squelettiques (TMS)

Le travail sur écran impose une posture statique et des gestes répétitifs pendant de longues périodes.
Ce phénomène engendre d’autant plus de troubles musculo-squelettiques douloureux (tendinite, ténosynovite, bursite, syndrome canalaire) que la posture est peu ergonomique.
Les muscles et tendons touchés sont essentiellement ceux de la nuque, des épaules, de la région lombaire, des poignets et des mains.
Le syndrome du canal carpien (SCC) est la pathologie la plus connue et la plus répandue : il s’agit d’une inflammation du nerf carpien due à sa compression au niveau du poignet.

Les femmes sont plus touchées que les hommes, ainsi que les personnes souffrant d’obésité.

La façon d’utiliser le clavier et l’aménagement du poste exercent aussi une influence sur la survenue de TMS.
Ainsi, un appui continuel du poignet pendant la frappe ou une souris éloignée du clavier constituent des situations à risque de TMS des membres supérieurs.
La posture favorite des TMS.
Le contenu de la tâche peut aussi avoir une influence sur la survenue de TMS. Par exemple, les douleurs cervicales sont plus répandues chez les opérateurs effectuant des tâches monotones que chez ceux qui ont des tâches plus variées. Par contre, une intense concentration peut provoquer une tension musculaire dans les poignets et les mains, source de TMS.

Les TMS sont réduits si le poste de travail est aménagé de façon ergonomique, en tenant compte des caractéristiques physiques de l’opérateur.

Le choix du matériel (fauteuil, table, souris, clavier, porte-copie, repose-pieds) est aussi déterminant.

Pour réduire l’astreinte musculo-squelettique, on peut alterner les tâches sur écran et le travail de bureau ou multiplier les pauses.
En France, la plupart des TMS sont reconnus comme maladies professionnelles (tableaux 57, 97 et 98 du régime général).
Et on estime que 3 à 4% des TMS reconnus sont attribuables au travail sur écran.

Facteur de stress

Le travail sur écran peut engendrer du stress, qui peut se traduire par des troubles émotionnels et psychosomatiques pouvant nuire à l’efficacité de l’opérateur.
C’est le cas en particulier juste après l’introduction de l’informatique dans un poste de travail.
En effet, une telle modification de l’organisation du travail et de la nature des tâches peut donner à l’opérateur un sentiment de déqualification et d’asservissement. Par exemple, la saisie de données est un travail répétitif analogue au travail à la chaîne.

Les troubles psychosomatiques sont d’ailleurs plus fréquents chez les opérateurs de saisie, dont la fréquence des arrêts de maladie est supérieure à celle des autres salariés informatisés.

La pression du temps est un autre facteur de stress important, qu’il s’agisse de travail au rendement ou de travail interactif en cas de pannes ou de lenteurs de l’ordinateur. le poids du temps

Exposition aux rayonnements émis par les écrans

Les rayonnements émis par les écrans cathodiques couvrent pratiquement toute l’étendue du spectre électromagnétique :
rayonnement optique : ultraviolet (UV) proche, rayonnement visible et infrarouge (IR) champs électro-magnétiques de différentes gammes de fréquences selon qu’ils sont émis par les bobines de déflexion horizontale ou verticale, la source d’énergie ou les transformateurs champs électriques statiques, perceptibles surtout lorsque l’hygrométrie est faible ultrasons émis par les circuits de déflexion horizontale rayons X de très basse énergie produits dans le tube cathodique (le verre de l’écran est suffisamment épais pour les absorber).

Les mesures montrent que les niveaux de ces rayonnements sont inférieurs aux valeurs limites d’exposition.
Ces dernières sont définies par : le décret 86-1103 pour les rayons X l’American Conference of Governmental Industrial Hygienists (ACGIH) et l’International Radiation Protection Association (IRPA) pour les rayonnements non ionisants.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il n’est pas nécessaire de mesurer régulièrement l’émission de rayons X car elle n’augmente pas avec le temps.

Le champ électrique étant plus étendu derrière l’écran que devant, il est conseillé d’observer une distance d’au moins un mètre entre les opérateurs et les écrans voisins.

Les nouvelles technologies d’affichage, comme celles des écrans à cristaux liquides ou des écrans à plasma, permettent d’abaisser encore plus les niveaux des radiations.

Cas particulier : les femmes enceintes

Sachant que les écrans cathodiques émettent des rayonnements (rayons X et champs électromagnétiques), on a pu penser qu’ils pouvaient augmenter le risque de fausse-couche et de malformations congénitales.

Les mesures montrent que ces rayonnements sont trop faibles pour avoir une telle influence sur les femmes enceintes.

Les études épidémiologiques n’ont pas établi de relation entre le travail sur écran et le devenir des grossesses des opératrices.
Les femmes enceintes doivent simplement se souvenir qu’une posture assise prolongée n’est pas bénéfique, que ce soit ou non face à un écran.

Identification et prévention des risques

Le travail des ergonomes a permis de proposer des recommandations pour l’implantation et l’aménagement d’un poste de travail comportant un écran.
Les recommandations générales, qui ont servi de base à l’établissement de normes, doivent être modulées selon les caractéristiques physiques de l’utilisateur et le type de tâches qu’il accomplit.

Implantation et aménagement du poste de travail

Il est en général possible d’aménager un poste de travail comprenant un ordinateur de façon confortable, et ce quelle que soit la configuration de la pièce.
Il convient pour cela d’étudier l’éclairage naturel et artificiel et de choisir un mobilier aux normes, autant que possible réglable.
Il faut aussi veiller à offrir assez d’espace aux opérateurs pour qu’ils puissent bouger, changer de position, étendre leurs jambes, accéder aisément à leur documents...

Implant ation d’un poste de travail avec écran , d’après « le Guide de formation » de l’université de Laval, 2000, p. 41
Placez votre mobilier de façon à ce que :
- L’écran soit perpendiculaire aux fenêtres.
- Le poste ne se situe pas directement sous un plafonnier mais plutôt entre deux rangées de luminaires.
- Vous n’ayez aucune lumière dans les yeux.
- Rien ne se reflète dans l’écran ?
- Réglez le chauffage, la climatisation et/ou la ventilation motrice contrôlée de façon à ce que : l’air ne soit pas trop sec Il ne fasse ni trop chaud, ni trop froid.
- La pièce soit correctement ventilée.

Repères chiffrés :
Température relative : 20-24°C
Humidité : 40-60 %
Éclairement : 200-300 Lux

Adapter l’éclairage

Le travail sur écran nécessite un éclairage spécifique, différent de celui du travail de bureau.
Il convient d’analyser les éclairages naturels et artificiels et des les moduler pour éviter les éblouissements et les reflets.
Pour que la lumière soit filtrée ou diffusée veillez à ce que : les fenêtres disposent de rideaux ou de stores.

Les plafonniers soient équipés d’un système de défilement (grille, tôle perforée, miroirs, lentilles...).
Les luminaires ne clignotent pas.
L’éclairage du poste de travail doit permettre de lire facilement les touches du clavier.
Les personnes consultant souvent des documents papier peuvent avoir besoin d’une lampe d’appoint.

Choisir un mobilier adapté

Le mobilier doit être choisi et réglé en fonction des caractéristiques physiques de l’utilisateur.
L’aménagement optimal est celui qui permet une posture adéquate, à savoir :
Les pieds reposent à plat sur le sol ou sur un repose-pieds.
L’angle du coude est droit ou légèrement obtus.
Les avant-bras sont proches du corps.
La main est dans le prolongement de l’avant-bras.
Le dos est droit ou légèrement en arrière, et soutenu par le dossier.
La tête est droite ou légèrement penchée en avant.
Le plan de travail doit être de préférence de couleur pastel et mat.
S’il a deux niveaux, le plus bas doit être réservé au clavier et à la souris.
Aménagement offrant une posture adéquate.

Un fauteuil doit être choisi en fonction des critères suivants :
Dossier, assise (et éventuellement accoudoirs) réglables.
Profondeur permettant à l’opérateur d’appuyer le bas de son dos sans que le bord avant n’exerce de pression à l’intérieur de ses genoux.
Rembourrage ferme offrant un bon appui.
Tissu de revêtement poreux permettant une circulation de l’air.

Les sièges avec appui sur les genoux sont à proscrire, à moins d’une utilisation très ponctuelle, car ils entraînent des problèmes de circulation sanguine dans les jambes.

Lorsque le plan de travail n’est pas réglable en hauteur, un repose-pieds permettra aux personnes les plus petites de maintenir leurs pieds à plat. schéma d’un fauteuil ergonomique conforme à la norme
NF EN 1335-1

Repères chiffrés :
PLAN DE TRAVAIL
Hauteur : 65-74 cm
Profondeur : 80-110 cm
Écart avec l’assise 20-26 cm

FAUTEUIL
Hauteur de l’assise : 42-51 cm
Profondeur de l’assise : 40-42 cm
Hauteur du dossier : environ 50 cm

REPOSE-PIEDS
Largeur : > 40 cm
Hauteur : 4-15 cm
Inclinaison : 0-15°

Choisir un matériel informatique adapté

L’écran doit être de bonne qualité et de taille adaptée au travail à effectuer, traité d’origine contre les reflets, et comporter un bouton de réglage de la luminosité.
Il doit être régulièrement dépoussiéré à l’aide de chiffons secs non pelucheux et d’un aérosol d’air comprimé.
L’écran doit être orientable en hauteur et latéralement.
Il faut le pencher légèrement en arrière, le haut du moniteur étant au niveau des yeux, ou en-dessous si l’opérateur est presbyte.
C’est pourquoi il vaut mieux éviter de le poser sur l’unité centrale.

Lorsque l’opérateur travaille à partir de documents papier, un porte-document (ou porte-copie) s’impose.
Celui-ci doit être placé à une hauteur et une profondeur qui minimisent la fatigue de la nuque et des yeux : à côté de l’écran et à hauteur du regard, ou entre le clavier et l’écran.

L’épaisseur et l’inclinaison du clavier doivent limiter l’extension des poignets, c’est pourquoi il n’est pas conseillé d’en déplier les pieds.
Les touches doivent être faciles à enfoncer.
Le clavier devra se situer en face de l’opérateur mais pas au bord de la table.
Il faut cependant éviter de poser continuellement les poignets sur le bord du bureau pendant la frappe.

Repères chiffrés :
ECRAN
Distance oeil-écran :Hauteur 50-70 cm
Distance écran-fenêtre : > 1,5 m
Haut de l’écran au niveau des yeux

PORTE-COPIE
Distance oeil-document : proche de la distance oeil-écran

CLAVIER
Épaisseur : 3 cm
Éloignement du bord de la table : 10-15 cm
Inclinaison : 5-12°
Largeur des touches carrées : 1,2-1,5 cm.

La taille et la forme de la souris doivent être adaptées à celles de la main et à la latéralité de l’opérateur : ne pas utiliser une souris pour droitier si l’on est gaucher, et vice-versa.
La pression nécessaire pour cliquer sur les boutons ne doit pas fatiguer les doigts. La souris doit être posée sur un tapis jouxtant le clavier. Il faut veiller à la nettoyer très régulièrement.

Affichage et filtres

Un affichage sur fond clair est à privilégier car il est moins fatigant pour la vue qu’un affichage sur fond sombre.
Par ailleurs, il faut veiller à ce que le contraste entre les caractères et le fond soit suffisant.

Les filtres constituent une solution anti-reflet uniquement lorsque ceux-ci ne peuvent être maîtrisés autrement.
Certains d’entre eux diminuent les rayonnements émis par les écrans, mais cette capacité ne présente aucun intérêt pratique puisque les taux des émissions sont bien inférieurs aux limites d’exposition autorisées.

Organisation du travail : les pauses

Le travail sur écran est particulièrement mal vécu lorsque : les tâches sont répétitives et monotones les temps d’attente ou les « bugs » sont fréquents les données sont utilisées pour évaluer les performances de l’opérateur l’opérateur travaille seul les logiciels utilisés sont mal maîtrisés ou inadaptés l’opérateur ne peut prendre que peu d’initiatives.

Les effets des composantes visuelle, posturale et mentale se combinent pour entraîner fatigue et troubles musculo-squelettiques.

Pour éviter ces symptômes, il est conseillé de faire régulièrement une interruption avec changement d’activité.

Des pauses fréquentes mais courtes sont plus efficaces que des pauses rares mais longues, surtout si elles sont prises avant l’installation de la fatigue.

En pratique : Aménager une pause d’un quart d’heure toutes les 2 heures ou bien une pause de 5 min toutes les 45 min selon le contenu de la tâche.

Attention : Les temps d’attente de réponses qui imposent la surveillance de l’écran ne sont pas des pauses !

Des exercices physiques, pratiqués lors d’une « gymnastique de pause », peuvent s’avérer utiles en réduisant efficacement l’astreinte musculo-squelettique, en favorisant la circulation sanguine et en reposant les yeux.

Cas particulier : poste debout

Dans le cas où l’opérateur travaille debout, il est conseillé d’adapter le poste de travail à sa taille : plan de travail à hauteur de coude, haut de l’écran au niveau du regard, repose-pied escamotable pour transférer le poids du corps d’une jambe à l’autre.

Quelle est la réglementation à appliquer ?

Rappel des textes Le décret n° 91-451 du 14 mai 1991 transposant la directive européenne 90/270/CEE du 29 mai 1990, fixe les règles particulières de prévention des risques liés au travail sur des postes munis d’écrans.
Ce décret, premier texte à réglementer globalement le travail sur écran, intègre les exigences d’ergonomie dans l’organisation du travail. Il vise à réduire les risques pour la santé et à améliorer la qualité de vie des opérateurs : gestes et postures à adopter, exigences d’éclairage et conditions d’ambiance à respecter, prise en compte des caractéristiques techniques de l’équipement dans l’aménagement du poste de travail...
Ce décret a été précisé par la circulaire DRT n° 91-18 du 4 novembre 1991. Il est applicable à tous les postes à écran, à l’exception de certains équipements (postes de conduite de véhicules, systèmes portables, machines à calculer, caisses enregistreuses...).

Interruptions périodiques du travail sur écran

Après avoir procédé à une analyse des risques présentés par chaque poste de travail, l’employeur est tenu de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour les prévenir.
Dans le cas d’un poste à écran, susceptible de provoquer fatigue visuelle et TMS, l’activité du travailleur doit être aménagée de telle sorte que son temps de travail sur écran soit périodiquement interrompu par des pauses ou par des changements d’activité.

Changement d’activité : alternance avec toute tâche ne demandant pas de regarder un écran, étant entendu que cette activité doit être en rapport avec celle du salarié (sauf dispositions contractuelles contraires).

Pause : temps de repos spécifique qui s’ajoute aux pauses traditionnelles. Les temps d’attente de réponse imposant la surveillance de l’écran ne peuvent être considérés comme des pauses.
La périodicité et la durée des pauses spécifiques sont déterminées dans chaque établissement en fonction de l’organisation et des caractéristiques des tâches.

Information et formation des salariés

L’employeur est tenu de former et d’informer les salariés sur les risques spécifiques liés à leur poste de travail, et notamment sur les modalités d’utilisation des postes comprenant un écran.
Chaque travailleur devrait en bénéficier lors de sa première affectation à un travail sur écran et chaque fois que l’organisation du poste de travail est modifiée de manière substantielle.

Si un projet d’introduction de nouvelles technologies est vaste, il doit donner lieu à une consultation du comité d’entreprise ou, à défaut, des délégués du personnel.

Un suivi médical spécial

Un salarié ne devrait être affecté à des travaux sur écran de visualisation que s’il a fait l’objet d’un examen préalable et approprié des yeux et de la vue par le médecin du travail.
Cet examen doit être renouvelé régulièrement, en particulier si le salarié se plaint de troubles pouvant être liés au travail sur écran.
En cas de doute, le médecin du travail peut faire appel à un ophtalmologiste pour compléter son diagnostic.
Si une correction normale ne permet pas l’exécution du travail sur écran dans de bonnes conditions, le salarié doit bénéficier d’un dispositif de correction spécial qui sera à la charge de l’employeur.

Les normes

Une norme internationale intitulée « Exigences ergonomiques pour travail de bureau avec terminaux à écrans de visualisation » (ISO 9241) a été publiée par l’Association française de normalisation (AFNOR) sous l’indice de classement X35-122.
Elle concerne l’affichage, l’environnement et l’aménagement du poste, les réflexions, les couleurs affichées, les périphériques d’entrée ainsi que le dialogue avec l’ordinateur.

Cette norme ISO ne traite pas de l’émission de rayonnements ni de la sécurité électrique.

L’aspect sécurité est abordé dans les publications de la Commission électrotechnique internationale (CEI 65 et CEI 950).
Il existe également une norme pour les écrans plats : ISO 13406, intitulée « exigences ergonomiques pour travail sur écrans de visualisation à panneaux plats ».
Quant aux rayonnements, il font l’objet d’un projet de norme européenne (prEN 50279) intitulée : « Écrans de visualisation - Méthodes de mesures des champs électriques et magnétiques proches, basses fréquences ».
Ce projet émane du Comité Européen de Normalisation Electrotechnique (CENELEC). Des associations de fabricants ont également conçu leurs propres recommandations sur la qualité du matériel et son confort d’utilisation.

Source : Texte largement inspiré d’un dossier INRS sur http://www.inrs.fr

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