Dans sa communication Flash du 19/10/2005, le Président de Manpower France M. Jean-Pierre L., présente et commente les résultats trimestriels du groupe Manpower. Nous y lisons que notre résultat net est en baisse de 6,0% en résultat cumulé à septembre 2005 comparativement à 2004, et que cela justifie la restructuration. Soit, mais cela justifie-t-il un plan social ?

Clairement non :

- Mais quels sont les résultats réels de Manpower France SAS ?

M. Jean-Pierre L. nous présente les résultats de Manpower France Holding. Or, Cette société n’est plus la nôtre, nous n’avons plus de filiales étrangères, nous faisons désormais partie de Manpower France SAS. Par soucis de transparence, il conviendrait que M. Jean-Pierre L. veuille bien nous présenter les résultats de notre société, pas ceux qu’il consolide, pour justifier les décisions qu’il applique à Manpower France SAS (restructurations, plans sociaux, etc).

Mais si l’on considère, par soucis dialectique, que nous pouvons ici assimiler les résultats de la Holding France aux nôtres :

- Le résultat net des entités du groupe est soumis à une forte variabilité interannuelle

En particulier, si l’on considère le résultat net des grands ensembles comparables à la France que sont Manpower EMEA et Etats-Unis :

  • EMEA : -37,7% entre 2002 et 2003 ;
  • EU : -3,5% entre 2003 et 2004.

Aussi, à situation comparable, il ne nous semble pas qu’à l’époque ces entités Manpower aient cru juger nécessaire de procéder à des plans sociaux de grande ampleur. Pendant toute cette période, nous n’avons même reçu que des messages dithyrambiques sur le groupe Manpower de la part de son dirigeant M. Jeffrey JOERRES.

- La rentabilité France est bonne

Comme indiqué ci-dessus, les données sont éminemment variables, mais notre rentabilité reste très bonne comparée à nos collègues monde :

  1. EU 09/2005 : 3,0%
  2. France 09/2005 : 2,9%
  3. EMEA 09/2005 : 2,4%

Pour mémoire, la rentabilité d’EMEA avait « chuté » de 46% entre 2002 et 2003, là
encore sans émotion particulière.

Dans sa communication aux salariés et dans le soucis de conserver une mobilisation sereine des salariés, M. Jean-Pierre L. ne devrait-il pas prendre garde à éviter de les inquiéter inutilement par des jugements à l’emporte pièce ? Surtout que soyons sérieux : comment la France, si elle était en difficulté et avait besoin d’une réorganisation nécessitant 161 suppressions de postes, aurait-elle pu verser près de 600 millions d’euros de dividendes aux actionnaires américains ces deux dernières années ? ? (Voir notre article sur le remaniement juridique de Manpower France.)


Sources chiffrées : publications trimestrielles du groupe Manpower.